D’où vient le mot « secouriste » ?

lundi 5 janvier 2015
par  Pascal Usseglio Nanot

Le jeudi 1er mai 1727, vers 10 heures du soir, meurt à Paris, rue des Bourguignons, François de Pâris, diacre à Saint-Médard.

Fervent janséniste, dont la vie n’a été que pénitence et vertu, il a demandé à être enterré non dans l’église, mais avec les pauvres, dans le charnier qu’on appelait aussi le petit cimetière. Sa tombe devient un lieu de pèlerinage. Des convulsions s’y produisent, des miracles, ou prétendus tels, y on eu lieu.

« Pour favoriser la venue de cet état extatique, certains et certaines, raconte Hillairet, se livrèrent à mille extravagances ; ces inspirés, les femmes surtout, se mirent à dévorer la terre située sous la dalle tombale de Pâris, à se faire tordre les seins, à se faire piétiner et fouler par des garçons vigoureux nommés les Secouristes, à se faire frapper de coups de bûches ; ou bien ils avalèrent des charbons ardents, des bibles reliées, ou encore ils laissèrent tomber sur eux d’une grande hauteur un poids de 25 kilos, se firent clouer sur une croix, percer la langue, ratisser avec des peignes en fer, etc. Certains subirent ces supplices plus de vingt fois. »

Des sectes se forment : secouristes, vaillantistes (nom d’un prêtre de Troyes), augustinistes (d’un nommé Causte, qui prend le nom de frère Augustin), figuristes, sauteuses, aboyeuses, miauleuses, etc.

Le premier usage connu du mot se trouve dans le journal d’Argenson (1750) :
« ils appellent secouristes ceux qui leur donnent des coups d’épée. »

Pendant longtemps, cette appellation ne figurera que dans le récit des événements de Saint-Médard..
En 1875, le Grand dictionnaire de Pierre Larousse, consacre une notice à secouriste, mais toujours avec la même acception.

Ce n’est qu’avec la création de la Société des secouristes français [1] le 23 décembre 1892, qu’en France la définition du mot secouriste prend son vrais sens.

En 1904, le Nouveau Larousse illustré donne cette définition : « membre d’une société de secours. »

Plus tard, le sens du mot se diversifie et se nuance : « Membre d’une organisation de secours pour les victimes d’un accident, d’une catastrophe ; personne capable de pratiquer les gestes ou les méthodes du secourisme. »

Extrait de " Vie et Langage " n°217 avril 1970


[1Devenue en 1972 Fédération des Secouristes Français Croix Blanche


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